« Il ne faut jamais abaisser son enseignement si l'on parle devant le peuple. La culture agit par son ascendant. »
Edouard Herriot
L’histoire numérique (Digital history en anglais) se développe à toute vitesse. Les sites et blogs d’histoire, créés tant par des historiens que par des amateurs, se multiplient sur la toile et, lorsqu’elle cherche une information touchant à l’histoire, c’est d’abord vers le web que la jeune génération se tourne. Pourtant, Lyon demeure presque totalement absent de cette révolution. C’est cette lacune que le projet Digital Lugdunum a pour ambition de combler.
Digital Lugdunum : une plateforme de discussion et de publication autour de l’histoire lyonnaise
Il semble en effet indispensable, face à l’évolution rapide de l’histoire numérique, d’occuper ce terrain avant que les idéologues ne s’en emparent, comme c’est malheureusement souvent le cas sur le web. Nous nous proposons donc de créer une plateforme d’échanges et de publication en ligne, encadrée par un conseil scientifique d’historiens professionnels, offrant ainsi à tous ceux qui font l’histoire lyonnaise, mais aussi aux passionnés, aux étudiants, aux professeurs, l’occasion de lire, d’écrire, de débattre.
Le choix du blog : interactivité et contrainte formelle
Dans un premier temps, nous avons donc décidé de créer un blog. Par sa simplicité, son immédiateté, sa gratuité et son interactivité, le blog semble en effet être le meilleur moyen de faire entrer l’histoire lyonnaise dans l’ère du numérique. Le blog Digital Lugdunum est donc créé comme un lieu d’échanges, où l’on peut facilement discuter autour de billets publiés par différents auteurs et validés par notre conseil scientifique.
Billets, et non articles, car le format du blog implique aussi un choix dans la forme. Notre but n’est pas, en effet, de publier ici des articles scientifiques au format habituel, c’est-à-dire longs et nécessitant un travail poussé de la part de leur auteur, mais au contraire de permettre aux historiens lyonnais de publier des textes courts, de l’ordre de 1000 mots (deux pages dactylographiées), avec un maximum fixé à 2000 mots, de proposer des pistes de réflexion sans pour autant effectuer le travail de recherche complet qu’impliquerait un article de revue. Cette contrainte s’explique d’une part par la difficulté de lire des textes longs en ligne et d’autre part par la volonté d’ouvrir le blog à un public large.
Les auteurs du blog sont ainsi libres de publier des billets sur des sujets divers, même s’ils n’en sont pas spécialistes, permettant ainsi aux lecteurs et aux autres auteurs de débattre sur ces sujets. La seule contrainte est donc la limite de longueur des billets, tout en sachant que le conseil scientifique se réserve le droit de refuser ou de supprimer tout billet ou commentaire qui ne répondrait pas aux critères de sérieux et de neutralité politique du blog.
La défense d’une histoire de qualité
Il convient cependant de préciser que le choix de textes brefs et d’un public large n’implique pas de se limiter à des articles de vulgarisation. Si celle-ci a sa place au sein du projet Digital Lugdunum, ce dernier a pour objectif premier de donner la parole aux historiens, et donc de défendre une histoire de qualité, sans concessions sur la rigueur scientifique des textes. Nous faisons ainsi nôtre le point de vue d’Edouard Herriot : « Il ne faut jamais abaisser son enseignement si l'on parle devant le peuple. La culture agit par son ascendant »[1].